La bataille judiciaire contre le piratage de mangas en France vient de franchir une étape décisive. Le site Japscan, connu pour diffuser illégalement des milliers de bandes dessinées, vient d’être bloqué par décision de justice. Ce verdict marque une victoire importante pour les éditeurs et s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre le piratage numérique.
L’info en résumé
- Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné le blocage du site Japscan, qui proposait 13 000 mangas piratés.
- Les fournisseurs d’accès à Internet en France doivent empêcher l’accès au site et à ses sous-domaines pour une durée de dix-huit mois.
- Le Syndicat national de l’édition (SNE) voit cette décision comme un pas important contre la diffusion illégale de contenus culturels.
Le blocage de Japscan : une décision judiciaire attendue
Le tribunal judiciaire de Paris a récemment statué sur l’affaire Japscan, un site internet qui offrait l’accès à un vaste catalogue de mangas et autres bandes dessinées sans l’accord des ayants droit. Cette décision ordonne le blocage du site principal ainsi que de ses sous-domaines pour une période de dix-huit mois, une mesure jugée nécessaire par le Syndicat national de l’édition (SNE) et plusieurs éditeurs de mangas en France.
Quel effet sur les éditeurs et le marché du manga ?
Pour les éditeurs français, le piratage constitue une menace pour le marché du manga. Selon le SNE, la diffusion illégale des mangas a contribué à la baisse des ventes, avec un chiffre d’affaires en recul de 13 % en 2023. Le blocage de Japscan est donc perçu comme un moyen de lutter contre cette tendance.
De plus, une étude de Mangas.io révèle que 83 % des lecteurs de mangas consultent régulièrement des sites pirates. Les éditeurs veulent non seulement endiguer le piratage, mais aussi sensibiliser les 7 millions de lecteurs de mangas en France à ces pratiques.
Les sites miroirs, l’autre risque
Malgré cette victoire, les éditeurs craignent que le trafic ne soit rapidement détourné vers des sites miroirs, une pratique courante avec les plateformes hébergées à l’étranger. Le SNE demande à pouvoir recourir à l’ARCOM pour étendre plus rapidement les blocages, sans relancer systématiquement une procédure judiciaire.
Les éditeurs rappellent aussi que l’offre légale de mangas s’est considérablement développée. Plusieurs plateformes proposent désormais des mangas numériques traduits rapidement et accessibles par abonnement ou à l’achat. Pour eux, le piratage menace non seulement la rémunération des auteurs, mais aussi l’ensemble de l’écosystème du livre, y compris les librairies.
À propos du SNE
Le Syndicat national de l’édition, qui défend les intérêts des éditeurs français, s’est engagé depuis longtemps dans une lutte contre la diffusion illégale de contenus culturels. Le SNE avait déjà obtenu une condamnation contre Z-Library, une autre plateforme de piratage. Cette dernière décision contre Japscan s’inscrit dans une série d’initiatives visant à protéger les droits des créateurs et des maisons d’édition.\n\n
En parallèle, le marché du manga connaît une évolution rapide, avec des ventes qui ont explosé durant les années précédentes avant de subir un ralentissement. Les éditeurs espèrent que la lutte contre le piratage, combinée à une offre légale enrichie, contribuera à stabiliser le marché et à protéger la diversité culturelle. »
}





